ARKEMA : A ne pas perdre de vue
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Analyse du 09/01/2012 | 09:05
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Eligible au PEA / SRD : OUI / OUI EURONEXT PARIS Chimie de base |
Forces : recentrée, situation financière saine, coûts de production réduits
Faiblesses : vulnérable aux cycles économiques, aux fluctuations du dollar et au prix des matières premières.
Raisons de la Recommandation :
Le propre des crises est, en plus de créer des incertitudes, de bouleverser beaucoup de concepts bien établis ; dans le flot de nouvelles qui les jalonnent, l’investisseur peut avoir du mal à distinguer l’essentiel de l’accessoire, ce n’est qu’après l’orage que l’on peut mesurer le travail accompli. En fin d’année, Arkema a fait part d’une information que le marché a enregistrée et saluée, mais qu’il ne faut pas oublier pour le jour où la reprise sera de retour. C’est dans ces périodes troublées que sont prises les décisions qui vont compter pour le futur des entreprises, qui feront le tri entre celles qui tenteront de survivre et celles qui repartiront de l’avant. La société a fait part en novembre de son intention de céder la totalité de son pôle Vinyliques, ce qui concernerait l’ensemble de ses actifs français et l’ensemble de ses activités aval dans le monde. Cette opération est importante à plus d’un titre.
En premier lieu, cette branche, déficitaire depuis plusieurs exercices, ne pèserait plus dans les comptes du groupe, bien que la vente si elle se réalise, donnera lieu à une charge exceptionnelle de 470 m€. Tous les efforts faits jusqu’ici pour la redresser n’ont pas été concluants, l’activité est très cyclique, avec des marges faibles, et les volumes y sont très importants. Arkema a donc jugé qu’elle n’avait pas la taille suffisante avec un chiffre d’affaires de 1,1 Md€, soit moins d’un cinquième des ventes du groupe.
Par ailleurs, elle s’inscrit dans un long processus de transformation de l’entreprise, qui depuis sa scission du groupe Total en 2004 et sa cotation en bourse en 2006, s’efforce de se rationnaliser dans le but d’atteindre des marges d’exploitation suffisantes pour pouvoir rester dans la compétition mondiale, et de se recentrer sur la chimie de spécialités. L’objectif affiché par la direction est de réaliser un chiffre d’affaires de 7,5 Md€ en 2015, ce qui, au vu des comptes du premier semestre (607 m€) pourrait être réalisé cette année, avec un excédent brut d’exploitation d’un peu plus de 1 Md€, soit une marge vers 13 / 14 %, hors exceptionnel.
Elle y parviendra d’autant plus facilement, que, si l’on se réfère aux comptes de 2010, les deux autres grands pôles de l’entreprise, la Chimie Industrielle et les Produits de Performance, l’on constate que la marge d’exploitation courante était déjà de 12,80 % contre 8,50 % pour l’ensemble tel qu’il était configuré à fin 2010. Ce qui signifie que le marché devrait apprécier l’entreprise sous un autre angle, et voir en elle un «pure player » selon l’anglicisme consacré, par conséquent la gratifier de ratios plus généreux.
Enfin, le précédent de Rhodia ne peut pas ne pas être dans tous les esprits ; cette société a fait l’objet d’une offre d’achat par le belge Solvay au printemps dernier, là encore après une transformation permanente du modèle économique. Ce qui revient à dire qu’il pourrait en être de même pour Arkema, ce que le marché avait d’ailleurs déjà imaginé après l’annonce, sans doute un peu vite. Avec un flottant de plus de 60 %, la présence de nombreux fonds dans son tour de table, recentrée sur la chimie de spécialités plus rentable, et offrant des perspectives bénéficiaires en hausse, il est évident que la tentation peut être forte pour un intervenant du secteur de s’intéresser à la société.
Cependant, il ne faudrait pas aller trop vite en besogne ; d’abord parce que l’opération n’est pas encore validée, qu’elle devrait intervenir au cours du deuxième trimestre seulement, que cette cession non seulement ne rapportera pas de trésorerie mais coûtera 100 m€ qui seront versés à l’acquéreur, et que 470 m€ de dettes seront reprises et passées en charge, ce qui conduira à un résultat déficitaire pour l’exercice 2011.
Objectifs de cours :
Le marché qui n’avait pas anticipé cette annonce a conduit le cours vers ses plus hauts depuis l’été, mais encore loin de ceux du printemps, vers 78 €. Il n’en reste pas moins qu’après un point bas estival, le cours vers 54 € enregistre une bonne performance et ne tient pas compte de la perte à venir. Le bénéfice estimé en première approche pour 2012 par le consensus le situe autour de 6,50 à 7 €, fourchette large mais cohérente eu égard à la conjoncture et l’activité de l’entreprise, soit un PER médian de 8 fois.
Il nous semble donc important de ne pas perdre la société de vue au cours des prochains mois ; une reprise progressive de l’activité générale, jointe à une cession effective et un accroissement des marges sur 2013 et les années suivantes, auraient toutes les chances de permettre à l’action de retrouver un jour ses plus hauts de 78 €, voire de les dépasser si la marge confirme bien son amélioration, ce dont nous n’avons pas de raison de douter.
Marc Bouche
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