BOURSORAMA : Amélioration des comptes en vue
Forces :Actionnaire de référence ; dynamique commerciale
Faiblesses :rentabilité affaiblie, taille encore modeste en Europe.
Raisons de la Recommandation :
Nous avions déconseillé la valeur le 10 novembre 2010, alors qu’elle cotait autour de 8 €, les résultats étaient attendus en baisse, affectés par des investissements, certes logiques, mais qui devaient nécessairement peser sur les résultats ; c’est ce qui s’est produit, la société a d’ailleurs émis un avertissement sur ses comptes avant leur parution. Le résultat d’exploitation avait fléchi de 11 %, et le résultat net a été divisé par deux et demi, passant de près de 70 m€ à 28, sous le poids de dépréciations comptables liées aux amortissements des survaleurs des sociétés rachetées.
Cette année, les comptes devraient logiquement constater une franche amélioration, l’activité est restée soutenue et les éléments exceptionnels enregistrés en 2010 ne devraient pas être renouvelés ; au premier semestre d’ailleurs, le résultat d’exploitation s’est accru de 26 %, à plus de 35 m€, avec un taux très voisin pour le résultat net qui se retrouve à 22,8 m€ à fin juin, grâce à la baisse du coût du risque. Cette tendance s’est d’ailleurs poursuivie sur le troisième trimestre ce qui fait que sur neuf mois la progression du bénéfice est maintenue dans ces proportions et le produit net bancaire ressort à 167 m€, en hausse de 11 %. L’activité de banque en ligne connaît un engouement croissant et repose sur une tendance de fond, au détriment des agences locales des banques ; ce métier compte pour plus de la moitié dans la formation du chiffre d’affaires, à 53 %, contre 42 % pour l’activité courtage, ceci au troisième trimestre.
Il faut noter que la volatilité des marchés financiers depuis fin juin a été favorable à ce dernier métier qui ne comptait que pour 39 % du chiffre à fin juin ; le nombre d’ordres traités pendant l’été a progressé de 13 % et généré 10 % de croissance des revenus ; fait notable, contrairement à ce que l’on pourrait penser, le management mentionne l’ouverture de 5500 « comptes trading », ce qui prouve que tous les épargnants ne fuient pas la bourse, même lorsque les temps y sont particulièrement difficiles. Avec ces chiffres, la société revendique 32 % de parts de marché. L’activité Epargne en revanche, souffre d’une désaffection des produits d’assurance-vie, comme tout le secteur, les encours d’OPCVM reculent de 21 % et ceux des titres sous gestion également, de 8 %, mais sont tout de même de 2,5 Md. Restent les revenus de l’activité portail Internet, qui représentent seulement 5 % du chiffre d’affaires et qui régressent également de 6 % sur le troisième trimestre.
Depuis quelques années le groupe cherche à se développer à l’international, notamment au Royaume-Uni, en Allemagne et en Espagne, mais le contexte global ne lui facilite pas la tâche ; cette diversification, si elle progresse de 15 % d’une année sur l’autre à fin septembre, ne représente encore que 19 % de son activité globale, génère des coûts évidemment, mais devrait finir par bénéficier à l’ensemble, dans un exercice ou deux. Parallèlement, un regroupement des moyens et des compétences au siège, l’amélioration de son site internet doté de nouveaux outils et de contenus élargis, s’ils peuvent donner lieu à un provisionnement, devraient également à terme être bénéfiques.
La transition effectuée en quelques années, d’un site essentiellement boursier à un site bancaire et boursier, prend forme, les chiffres commencent à en témoigner. Les changements de personnes intervenus à la tête de la société ces derniers mois ne lui auront finalement jusqu’ici pas porté préjudice, ni remis en question la stratégie économique. Il n’en reste pas moins que la transition vers ce nouveau modèle et son l’implantation définitive ne sont pas achevées, car si l’amélioration des chiffres est prévisible cette année, notamment la dernière ligne du compte de résultats, le bénéfice net que l’on peut estimer vers 46 m€ avant provisions et peut-être vers 40 / 42 après, devra franchir les 48 / 49 m€ que la société a engrangés au cours des exercices 2007 à 2009 pour convaincre durablement les investisseurs.
Objectifs de cours:
Toutefois, de 8 € en novembre 2010 le cours est revenu vers 5,6 € ces jours-ci et paraît plus abordable : les comptes se redressent cette année et devraient poursuivre sur cette tendance en 2012 ; le bénéfice net est estimé autour de 0,50 par action en 2011 et vers 0,56 / 0,60 l’an prochain, ce qui représente un PER autour de 10 fois ; d’autre part les capitaux propres par action peuvent être estimés vers 7 / 7,40 €. Un opérateur qui redoute pas l’effondrement de la zone euro dans les prochaines semaines et qui souhaiterait bénéficier d’une publication favorable en début d’année prochaine peut s’intéresser à la valeur, pour viser raisonnablement un objectif vers 6,50 / 7 € pour mi-février, lors de la publication des comptes annuels.
Marc Bouche Copyright (c) 2012 Zonebourse.com / Combho SAS
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