Crédit Agricole SA accuse sa première perte annuelle en raison de la Grèce
23/02/2012 | 07:31
Crédit Agricole SA (>> CREDIT AGRICOLE), le troisième établissement bancaire français en termes de capitalisation, a annoncé jeudi avoir accusé sa première perte annuelle depuis son introduction en Bourse voilà dix ans.
Sur l'ensemble de 2011, la banque a accusé une perte de 1,47 milliard d'euros, contre un bénéfice de 1,26 milliard d'euros en 2010.
Le produit net bancaire de 2011 s'est inscrit à 20,8 milliards d'euros, en hausse de 3,3% sur 2010. Les pertes de l'établissement se sont creusées en fin d'exercice en raison de nouvelles provisions liées à son exposition à la dette souveraine grecque, à des créances douteuses ainsi qu'à des coûts de restructuration. Le résultat d'exploitation a chuté de 52,2% à 1,5 milliard d'euros.
"Ce résultat traduit une performance opérationnelle satisfaisante, malgré le contexte global dégradé", a commenté Jean-Paul Chifflet, le directeur général de Crédit Agricole SA, dans un communiqué. "Il intègre surtout un impact lourd de la dépréciation des titres publics grecs et de la situation (de la filiale grecque) Emporiki (TEMP.AT) et des conséquences du plan d'adaptation au nouvel environnement publiées le 14 décembre 2011, notamment des dépréciations d'actifs", a ajouté le responsable.
Au quatrième trimestre de 2011, Crédit Agricole SA a enregistré une perte de 3 milliards d'euros contre une perte de 328 millions d'euros au cours de la période correspondante de 2010. Le produit net bancaire du trimestre dernier a reculé de 4% à 4,6 milliards d'euros. Selon un consensus réalisé par Factset, les analystes tablaient sur une perte nette de 2,7 milliards d'euros au quatrième trimestre et sur un produit net bancaire de 4,6 milliards d'euros.
En décembre, la banque avait prévenu qu'elle passerait une charge de 2,5 milliards d'euros au quatrième trimestre pour couvrir de nouvelles dépréciations d'actifs et une charge de 500 millions d'euros en lien avec son programme de rationalisation.
"Le coût du risque s'élève à 5,7 milliards d'euros sur l'année, intégrant 1,3 milliard d'euros au titre du plan européen de soutien à la Grèce et 1,2 milliard d'euros au titre du coût du risque lié à la filiale Emporiki", a indiqué la banque. Retraité de ces impacts, le coût du risque affiche une hausse de 11,0 %, a-t-elle précisé.
Le ratio Core Tier 1 de l'établissement s'inscrivait à 8,6 % au 31 décembre 2011, en progression de 20 points de base par rapport au 31 décembre 2010 et en baisse de 20 points de base par rapport au 30 septembre 2011.
Le conseil d'administration a confirmé la décision prise à la mi-décembre 2011 de ne pas proposer à l'assemblée générale de distribuer de dividende au titre de l'exercice 2011.
-Noémie Bisserbe et Eric Chalmet, Dow Jones Newswires; +33 (0)1 40 17 17 40; eric.chalmet@dowjones.com; noemie.bisserbe@dowjones.com