Bourse de Paris : France-La direction de Fessenheim défend sa centrale
22/02/2012 | 19:45
Le directeur
de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), devenue l'un
des enjeux de la prochaine élection présidentielle, a
implicitement contesté, mercredi, les arguments avancés par le
Parti socialiste et Europe Ecologie-Les Verts pour demander sa
fermeture.
Alors qu'un accord de gouvernement entre les deux partis
prévoyait la fermeture de 24 réacteurs vétustes, François
Hollande a inscrit dans son programme la seule fermeture de la
centrale alsacienne, la plus vieille de France, au cours d'un
premier quinquennat.
La centrale nucléaire de Fessenheim, dont les deux réacteurs
de 900 MW sont en service depuis 1977, est régulièrement
attaquée pour sa vétusté supposée et son implantation en zone
sismique.
"A la fin du quinquennat, 23 réacteurs auront l'âge qu'a
Fessenheim aujourd'hui, dans dix ans, 46 réacteurs", a dit le
directeur de la centrale de Fessenheim, Thierry Rosso, devant
les membres de la Commission locale d'information et de
surveillance de la centrale.
La sortie du cadre d'EDF ne visait pas à justifier
l'accord originel passé entre les socialistes et les écologistes
mais à défendre la sûreté du parc électronucléaire français en
général et de la centrale des bords du Rhin en particulier.
L'ensemble des travaux imposés par l'Autorité de sûreté
nucléaire (ASN) pour autoriser le prolongement de l'activité du
réacteur numéro 1, à l'issue de sa troisième visite décennale,
sera réalisé, a-t-il assuré.
EDF réalisera, en particulier, les travaux de renforcement
du radier (le soubassement en béton) du réacteur, dont la faible
épaisseur - 1,5 mètres au lieu de 2,5 mètres dans le reste du
parc électronucléaire - pourrait entraîner une fuite radioactive
en cas de fusion du coeur.
Une couche supplémentaire de 50 centimètres d'un matériau
résistant au corium, le magma issu de cette fusion, sera
injectée sous la cuve du réacteur pour constituer une zone de
collecte de 80 m2, contre 5 m2 actuellement, l'importance de la
surface compensant l'épaisseur relative du radier.
Cette solution, d'un coût de 15 millions d'euros, doit
encore être validée par l'ASN, en vue d'une mise en oeuvre d'ici
à juin 2013.
"Cela correspond à lever la spécificité de Fessenheim sur
son radier", a dit Thierry Rosso.
A l'extérieur de la réunion, qui se tenait à la préfecture,
avaient lieu deux manifestations.
A l'une des entrées du bâtiment, une cinquantaine de
militants antinucléaires, des habitués pour la plupart,
demandaient que l'on mette Fessenheim "à la casse".
A l'opposée, les salariés de la centrale, accompagnés de
sous-traitants et d'élus locaux, soit 150 personnes, avaient
fait le déplacement pour demander son maintien en service, au
nom de son millier d'emplois directs et d'une sûreté dont ils
disent ne pas douter.
(Gilbert Reilhac, édité par Patrick Vignal)