London Sugar : Le nouvel or blanc
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Analyse du 15/11/2011 | 16:55
Opinion : En surveillance. Surveiller la sortie du range 620 / 728
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Le sucre est l’une des trois matières premières les plus anciennes (avec le coton et le café) cotées au New York Board of Trade (NYBOT). Ce sont près de 15 millions de contrats futures et autres options sur le sucre roux échangés chaque année sur le NYBOT. Le Tokyo Grain Exchange (TGE) compte 500 000 contrats échangés. En Europe, la société NYSE-Euronext côte le sucre blanc sur Euronext LIFFE, représentant environ 2 millions de contrats négociés chaque année.
La production sucrière atteignait 155 millions de tonnes en 2010, issue à 75 % de la canne à sucre et 25% de la betterave. Les principaux pays producteurs de sucre sont le Brésil (24% de la production mondiale), l’Inde (22%), l’Union Européenne (13%) et la Chine (13%). Le Brésil est le premier exportateur de sucre avec 24 millions de tonnes. L’Europe importe le sucre de canne et exporte le sucre blanc.
Son caractère éminemment politique a souvent été mis en avant. Au 18e siècle le sucre était une des bases du commerce triangulaire, les puissances coloniales s’échangeaient des esclaves contre des marchandises. A la veille de la déclaration de la première guerre mondiale, en 1914, le premier réflexe de l’Angleterre fut de rendre fixe le prix du sucre. Le marché sucrier est emprunté depuis plusieurs siècles de protectionnisme. Encore aujourd’hui, les traités Européens font états « d’accords préférentiels » sur les prix de ce nouvel or blanc.
Aujourd’hui, la demande mondiale est très soutenue. Contrairement à ce que l’on aurait pu penser, 70% de la consommation se fait dans les pays en développement. Le pouvoir d’achat grandissant de ces populations ajouté à la démographie importante explique cette répartition. Fabriqué dans des régions sujettes aux aléas climatiques, cela fait deux ans que la production est inférieure à la consommation mondiale. Si sa principale utilisation se situe dans l’alimentaire, le boom des biocarburants (ceux à base d’éthanol) explique aussi la hausse de la demande. Les récentes inondations en Thaïlande (2ème exportateur mondial) font craindre des dégâts dans les plantations. Les données de l’USDA (Département américain de l’agriculture) ont indiqué que les stocks américains de sucre ont chuté à un plus bas de 37 ans en raison de mauvaises conditions météo pour les champs de betterave.
Le sucre se situe dans une pause technique, en données hebdomadaires. Cette grande consolidation date d’une vingtaine de mois. Les moyennes confirment ce mouvement avec des tendances neutres. Les oscillations de prix s’inscrivent dans un grand trend horizontal compris entre 580 et 846 USD, plus haut historique en clôture hebdomadaire.
En données quotidiennes, les cours cherchent un niveau d’accumulation proche de 620/640 USD pour repartir en direction des 728 USD puis par extension 800 USD. Il conviendra de mettre une protection sous les 580 USD.
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Alexandre Nutte Copyright (c) 2012 Zonebourse.com |
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