Nestle SA : A chacun ses problèmes
Forces :taille internationale, trésorerie abondante, innovation
Faiblesses :sensibilité aux prix des matières premières et aux changes.
Raisons de la Recommandation :
La zone euro souffre de défiance depuis de nombreux mois, les valorisations des entreprises cotées en témoignent. Les incertitudes sur le devenir de la zone, de celui de ses pays les plus fragiles posent problème, c’est compréhensible. Dans le même temps, le franc suisse a fait figure de valeur refuge, dans des proportions telles que la Banque Nationale Suisse a dû intervenir pour enrayer la hausse. L’on pourrait en conclure que tout est pour le mieux en pays helvète, mais si l’on regarde les comptes de ses entreprises, l’on se rend compte que chacun a bien ses problèmes, même s’ils ne sont pas de même nature. Nestlé en est un bon exemple.
Avec pratiquement 100 % de son chiffre d’affaires réalisé à l’exportation (98 % précisément), il est évident que la parité de la monnaie nationale joue un rôle considérable lorsque les comptes sont traduits en francs. La Suisse n’a en effet représenté que 2,14 Md de CHF de ventes en 2010, sur un total de 109,7 Md, d’où l’importance des parités de change ; suivant la lecture que l’on fait des comptes, elles se traduisent par une hausse des chiffres en monnaies locales mais généralement par une baisse en monnaie nationale. C’est pourquoi le groupe raisonne toujours à changes constants lorsqu’il s’agit de donner les perspectives de son modèle économique dont la croissance dans le temps se situe entre 5 et 6 % pour sa croissance organique. Il dispose heureusement pour lui de la capacité d’ajuster les prix de ses produits en fonction de la variation de ceux des matières premières, son deuxième souci. Plus révélateurs nous semble-t-il sont les chiffres des volumes vendus, en progression de 4,8 % sur les six premiers mois, et ce malgré une hausse des prix de 2,7 %.
Les résultats finaux publiés pour le premier semestre démontrent bien cet aspect comptable des changes, son résultat net est en repli à 4,7 MdCHF contre 5,45 en juin 2010. La hausse du franc suisse ayant été de 28 % face au dollar et de 20 % face à l’euro ; le groupe ne s’attend d’ailleurs pas à une amélioration de la situation au deuxième semestre, bien que l’intervention de la Banque Nationale puisse lui apporter un répit. Quoiqu’il en soit, le groupe est habitué, et depuis longtemps à gérer de telles situations.
Le plus important cependant pour la société nous semble résider dans son virage stratégique, qui consiste à répliquer le modèle développé en Europe d’abord dans les années soixante et maintenant sur le reste du globe. Son centre de gravité opérationnel bascule insensiblement, ainsi la France pourrait-elle perdre cette année sa place de deuxième marché du groupe, au profit du Brésil, un symbole. La croissance plus faible dans les pays matures, cède la place à celle, plus élevée, dans les pays émergents, où la démographie est en progression et où, de plus, les habitudes alimentaires sont en train de changer, de s’enrichir, de « s’occidentaliser ». Jusqu’ici la part de l’Europe (33 %) dans le chiffre d’affaires résiste, mais il faut savoir qu’elle est maintenue grâce aux pays de l’Est et de la Russie qui connaissent également la même évolution de consommation. Ainsi, sur les neuf premiers mois, la croissance, qui n’est « que de » 4 % - ce qui reste bien sûr très satisfaisant – dans les pays dits développés, est de 13 % dans les pays en croissance. Ce sont ces chiffres qui ont permis au dirigeant de relever ses prévisions pour l’année, un peu au-dessus de sa fourchette initiale de 5 à 6 %.
Enfin, étant donné que l’innovation se poursuit avec le lancement de nouveaux produits, comme le chocolat « sur mesure », Maison Cailler, qui sera lancé en 2012, le groupe ne devrait pas avoir trop de souci à se faire pour son avenir, malgré ces deux handicaps, d’autant qu’après avoir décidé de ne pas poursuivre son programme de rachat d’actions, il continue sa politique d’acquisitions ciblées, tant géographiques que sectorielles.
Objectifs de cours:
A leur publication, les résultats de l’exercice entier ne seront pas à comparer directement à ceux de 2010, qui avaient enregistré le produit de la cession des soins ophtalmologiques Alcon à Novartis, ils seront logiquement en retrait. Dans le communiqué à fin septembre le dirigeant s’est néanmoins montré confiant quant à la capacité de son groupe à améliorer sa marge, grâce en partie toujours à sa politique de prix.
Nous n’avons pas changé d’avis sur la valeur, dont le cours en francs suisses depuis un an n’a pas beaucoup varié, à 52 CHF contre 53 en octobre 2010, mais s’est légèrement appréciée pour un investisseur en euros, ce qui démontre que l’action a plutôt bien traversé la crise jusqu’ici ; elle le doit évidemment à son statut de valeur refuge, comme sa monnaie nationale, mais également à sa capacité sur le long terme à développer son modèle économique. Elle peut figurer dans tout portefeuille qui a une vision de moyen terme. Marc Bouche Copyright (c) 2012 Zonebourse.com / Combho SAS
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Valorisation |
2012e |
2013e |
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PER (Cours / BNA)
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16,9x |
15,5x |
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Capitalisation / CA
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1,91x |
1,81x |
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Valeur Entreprise / CA
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2,07x |
1,95x |
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Valeur Entreprise / EBITDA
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10,9x |
10,2x |
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Rendement (DPA / Cours)
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3,78% |
4,09% |
| Profitabilité |
2012e |
2013e |
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Marge d'exploitation (EBIT / CA)
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15,4% |
15,7% |
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Levier opérationnel (Delta EBIT / Delta CA)
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1,42x |
1,42x |
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Marge Nette (RN / CA)
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11,4% |
11,9% |
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ROA (RN / Total Actif)
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10,0% |
11,1% |
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ROE (RN / Capitaux Propres)
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17,6% |
18,1% |
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Ratio Versement Dividende
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63,8% |
63,3% |
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