REXEL : Un parallèle intéressant
Forces : position de leader, gestion rigoureuse
Faiblesses : métier cyclique, endettement encore un peu élevé
Raisons de la Recommandation :
L’évolution du cours de l’action semble répliquer assez fidèlement celle de la conjoncture économique ; après avoir chuté très lourdement, de 17 € à 3 € lors de la récession, brutale également, de 2008 / 2009, il a rebondi, comme la croissance, jusqu’à 18 € au printemps 2011, soit un plus haut historique, avant de revenir en arrière à l’automne, mais plus modérément, à nouveau sur les craintes de ralentissement / récession. A mesurer ce dernier écart, l’on pourrait en conclure que si récession il y a, elle sera moins forte que la précédente. C’est pourquoi il nous a semblé intéressant de regarder le dossier.
Si l’on considère, comme le consensus semble l’admettre, que le ralentissement que nous traversons en Europe laissera la place au cours du deuxième semestre à une reprise progressive et modérée, l’on peut supposer que le cours de l’action s’appréciera aussi et franchira un jour son plus haut de 18 €. Nous avions expliqué précédemment que le métier de la société était certes soumis aux fluctuations cycliques, mais qu’elle disposait de marges de manœuvre pour y faire face et qu’elle était efficacement gérée ; le cours de l’action devrait donc en bénéficier.
Certes son métier fait qu’elle est en prise directe avec l’industrie, mais elle s’adresse aussi bien à des artisans, des PME, que des grands groupes, ce qui diversifie son risque. D’autre part, elle s’adapte à l’évolution de ses métiers, en se tournant davantage vers des marchés plus porteurs, comme celui des énergies renouvelables ou encore de l’efficacité énergétique, où les taux de progression sont supérieurs à celui de l’économie en général, marchés qui devraient à terme représenter la moitié des ventes. Elle renouvelle également régulièrement l’ensemble de ses références, de manière à proposer à sa clientèle les produits les plus récents et les plus performants. De même, elle cherche à être plus présente dans les régions émergentes où la croissance est soutenue, elle espère d’ailleurs y doubler son chiffre d’affaires d’ici 2013 ; cette ambition passera par des acquisitions, le plus souvent de sociétés de taille petite ou moyenne, qui disposent de savoir-faire complémentaires aux siens, notamment dans l’offre de services. L’an dernier elle a ainsi procédé à une demi-douzaine de rachats, principalement en Inde, en Chine, au Brésil et au Pérou, rachats qui ne l’ont pas empêchée de restaurer sa marge de manœuvre financière, en ramenant sa dette à 3,2 fois son excédent brut d’exploitation contre 4,3 fois à fin 2010 ; elle avait aussi suspendu le versement d’un dividende afin de renforcer sa trésorerie, dividende dont elle a repris le service l’an dernier, ce qui tendrait à prouver qu’elle s’estime désormais en mesure de faire de la croissance externe, sans pénaliser ses actionnaires. Toutefois le management a dit qu’il considérait la présence du groupe un peu sous-dimensionnée dans certains pays matures, comme l’Allemagne et les Etats-Unis, l’année 2012 devrait voir des achats être effectués dans ces régions. Dernier point, la variation des prix des matières premières, qu’elle répercute à ses clients, notamment celui du cuivre, ne lui pose pas de problèmes majeurs, même si elle a inévitablement une incidence sur ses comptes.
L’exercice 2011 semble avoir poursuivi le redressement démarré en 2010 puisque, sur neuf mois, le chiffre d’affaires a progressé de 6,6 % à données comparables, à 9,37 Md€, avec une amélioration des marges et de la situation financière, ce qui permet au management de confirmer les objectifs annuels à savoir une amélioration de sa rentabilité de 50 points de base et un flux net de trésorerie supérieur à 500 m€. Ce qui rend probable un relèvement du dividende, d’autant que la direction aborde l’année avec confiance, bien qu’elle qualifie de « molle » la croissance en Europe.
Objectifs de cours :
Il est donc tentant de faire un parallèle entre l’évolution de la conjoncture et celle du cours de l’action, actuellement à 14 /15 € environ ; si l’on est confiant pour la conjoncture dans les mois à venir, l’on peut en déduire que la revalorisation de la société, déjà bien amorcée depuis quelques semaines, se poursuivra jusqu’aux plus hauts de début 2011, niveau où des vendeurs sont susceptibles d’intervenir, mais, une fois cet obstacle franchi, il peut très bien aller au-delà par la suite. Plusieurs raisons militent pour cela : tout d’abord la société a démontré sa capacité à réagir dans les crises, elle sait s’adapter en se positionnant intelligemment, et elle a l’ambition et les moyens pour la mener à bien. D’autre part, plus indirectement, il ne faut pas oublier qu’au capital figurent de nombreux fonds, largement majoritaires, mais qui ne sont pas nécessairement destinés à rester à long terme, au moins certains d'entre eux, et qu'ils sont par conséquent tous plus ou moins potentiellement vendeurs, mais probablement aux meilleurs prix.
Le bénéfice par action 2012 est estimé par le consensus entre 1,35 et 1,60 €, ce qui prouve bien le caractère cyclique de l’entreprise, il est donc capitalisé entre 9 et 11 fois, ratios qui nous semblent suffisants pour l’instant ; étant donné que le cours vient de s’apprécier régulièrement depuis mi-décembre, une pause serait salutaire. Il faudra alors savoir en tirer parti pour se positionner avec un objectif de quelques mois et viser pourquoi pas un prix plus proche de 20 € au terme de douze mois environ.
Marc Bouche
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